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Traduit de l'anglais, concordance et notes par D. galuchon

XXIII - L' éléphant

1. Je supporterai la critique comme l`éléphant dans la bataille supporte les flèches des archers. Beaucoup de nos semblables se comportent mal. (a)

2. Un éléphant bien dressé peut être conduit à travers une foule. Même le Roi peut monter un éléphant bien dressé. Celui qui est bien discipliné est le meilleur des hommes parce qu`il supporte la critique.

3. Les mules domptées sont excellentes, de même que les chevaux pur sangs du Sindh, et le puissant éléphant de trait, mais le meilleur de tous c' est celui qui a dompté son soi.

4. Car ce n`est pas avec ces montures qu`on parviendra à l`endroit innaccessible où vont ceux qui ont fait preuve de maîtrise de soi,

5. L`éléphant appellé Gardien du Trésor est difficile `a contrôler quand il est en rut. Il ne mange rien quand il est enchaîné. Il est sans cesse obsédé par la prairie des éléphants. (b)

6. L`insensé qui devient comme une limaçe ou un glouton, et qui remue et se retourne dans son sommeil comme un gros cochon engraissé de fourrage, pénètre dans la matrice encore et encore. (c)

7. Cet esprit qui avait l`habitude de courrir partout où il le souhaitait, partout où il le voulait, partout où ça lui plaisait, je le contrôlerai judicieusement maintenant, comme celui qui tient le bâton et contrôle l`éléphant en rut. (d)

8. Prends plaisir en la viligance, garde ton propre esprit, sors-toi de ce chemin de misère, comme le ferait un éléphant empêtré dedans la boue.

9. Si tu trouves un compagnon prudent, un sage associé qui mène une bonne vie, ayant surmonté tous les obstacles, voyage avec celui-là, éclairé et attentif. (e)

10. Si pourtant tu ne trouves pas un compagnon éclairé, un sage associé menant une bonne vie, alors voyage seul, comme un roi abandonne un domaine qu`il a déjà conquis, comme l`éléphant qui parcoure la forêt.

11. Il vaut mieux marcher seul; il n`y a pas de compagnonage possible avec un insensé. Marche seul comme l`éléphant qui parcoure la forêt avec peu de désirs, ne faisant pas le mal.

12. Le compagnonage est agréable quand le besoin est là, la satisfaction est douce lorsqu`elle est mutuelle. La vertu est agréable vers la fin de la vie. Il est agréable de s`être défait de toute misère.

13. Agréable est la maternité, agréable la paternité, agréable la religion dans le monde et la prêtrise est agréable.

14. Agréable la moralité qui demeure jusqu`au vieil âge, agréable est la foi bien fondée. Agréable l`atteinte du discernement, agréable d`éviter le mal.

Concordance

Connaître les autres, c`est la sagesse,
connaître son soi, c`est l`illumination.
La maîtrise des autres requiert la force,
la maîtrise du soi nécessite le pouvoir.
Celui qui sait qu`il en a assez, est riche.
La persévérance est un signe de volonté.
Qui reste là où il est, durera.
Mourrir, mais sans périr,
c`est être éternellement présent.
-- Tao Te King xxxiii

Notes:

Ce chapitre est axé autour de diverses associations de l' éléphant comme symbole du soi. Celui qui a atteint la maîtrise de soi est comparé à un éléphant dompté, tandis que le soi hors-la-loi est comparé à un éléphant en rut. Tout ce chapitre est imprégné des sentiments d`un disciple sur le sentier, et il met donc l`emphase sur les critères pour se choisir des associés et compagnons de route, voire un parrain ou une marraine

(a) L`éléphant Gardien du Trésor représente la sexualité, le trésor lui-même est le sperme, précieux philtre de vitalité.

(b) L`éléphant de combat avait sur son dos une tourelle pouvant accomoder plusieurs hommes et des anneaux de cuir autour des jambes pour empêcher les ennemis de couper les muscles dans les talons.

(c) L`expression `pénètre dans la matrice encore et encore` signifie regénérer ses dépendances encore et encore, et aussi renaître sans cesse.

(d) Celui qui tient le bâton pourrait représenter la conscience-témoin, tandis que l` éléphant serait cette totalité mental-affectivité-physique. Le bâton lui-même pourrait représenter la volonté.

(e) Les aphorismes 9 à 11 sont une recette pour ceux qui cherchent un parrain, une marraine, ou des compagnons.

XXIV - La dépendance

1. Les besoins d`un homme sans cervelle se multiplient comme de la vigne. Il saute ici et là, comme un singe cherchant des fruits dans la forêt.

2. Celui qui se laisse prendre dans de misérables dépendances envers le monde voit ses souçis grandir comme l`herbe après la pluie.

3. Celui qui se dégage de ces misérables dépendances envers le monde voit ses souçis glisser loin de lui comme de l`eau sur une fleur de lotus. (a)

4. A vous tous rassemblés ici, voici ce que j`ai à vous dire: arrachez la dépendance totalement, comme celui qui arrache l`ivraie enlève aussi la racine odorante. Ne laissez pas Mâra vous détruire encore et encore comme le torrent détruit les joncs. (b)

5. Tout comme un arbre repousse même après avoir été taillé, tant que sa racine n`a pas été détruite et reste ferme, de même si le désir latent n`est pas extirpé la misère resurgira encore et encore.

6. Quand les trente-six torrents de la passion sont forts en l`homme, il est emporté au loin, ses pensées sous l`emprise du désir. (c)

7. Les fleuves courrent partout et le rôdeur, ayant grandit, va s`établir en permanence. Si tu apperçois ce rôdeur en train de germer, coupe vite sa racine par une intense prise de conscience.

8. Le souvenir et l' attrait des plaisirs résident en l' homme, et tous ceux qui, enchainés par le plaisir, ne recherchent que les bons moments, ceux-là sont sujets à la naissance et à la mort.

9 Beaucoup de gens dominés par le plaisir courrent cà et là, comme des lapins pris au collet. Si c' est la libération du désir que tu cherches, alors tu dois te débarasser de toutes ces dépendances.

10 Quand un homme, sorti de la gungle du désir, y est comme attiré à nouveau, alors, aussi libre qu' il puisse être il sera à nouveau enchainé par elle.

11 Le sage dit que ce ne sont pas les chaînes de fer, de bois ou de fibre, qui sont les meilleures; ce sont les attachements insensés que l' on porte aux enfants, femmes et babioles qui sont les liens les plus forts. Ils nous tirent vers le bas, et quoiqu' ils soient subtils, ce sont des liens difficiles à briser. Laissant ces chaînes derrière toi, renonces au monde et libères-toi de la dépendance et de la sensualité.

12 Ceux qui brûlent du désir suivent le fleuve de leur désir, comme l' araignée qui suit les fils de sa propre toile. Brisant le lien, le sage marche libéré ses dépendances, laissant toute souffrance derrière lui.

13 Laisse le passé, laisses le futur, laisses aussi ce qui entre les deux, transcendant les choses du temps. Avec un esprit libre en toutes directions tu ne retourneras pas à la naissance ou à la mort.

14 Quand un homme est stimulé par ses propres pensées, empli de désir et fixé sur ce qui est attirant, sa dépendance s' en accroit d' autant plus. Il est en train de rendre la chaîne plus forte. Mais celui qui aime appaiser ses pensées pratiquant la contemplation de ce qui est repoussant, récupérant peu a peu son être, il va bientôt terminer sa dépendance, briser les liens de Mâra. Son but est accompli, il est sans crainte, libéré de sa dépendance et sans tache. Il a epuisé les flèches des changements d' existences. C' est son dernier corps.

15 Libre de dépendances et sans s' accrocher, un expert dans l' étude des textes, et comprenant les bonnes suites de mots, en vérité on peut dire de lui: "il est dans son dernier corps".

16 Je suis supra-conquérant et supra-omniscient. A travers tous mes états d' esprit je reste non-affecté. En abandonnant tout, je suis libéré par la fin du désir. M' étant Réalisé par moi-même, qui donc pourrait m' enseigner maintenant?

17 Le cadeau de la vérité surpasse tout autre cadeau. La saveur de la vérité surpasse tout autre goût. La joie de la vérité surpasse tout autre joie, et, la cessation du désir conquiert tout souffrance.

18 La richesse détruit le fou, mais pas celui qui recherche l`autre rive. Le fou se détruit lui-même par sa dépendance envers la richesse, tout comme il détruit les autres également.

19 L' ivraie est la plaie des champs. Le désir est la plaie de l`humanité. Par conséquent les offrandes à ceux qui sont libérés du désir sont de beaux fruits.

20 L`ivraie est la plaie des champs. La colère est la plaie de l`humanité. Par conséquent les offrandes à ceux qui sont libérés de la colère sont de beaux fruits.

21 L`ivraie est la plaie des champs. L`illusion est la plaie de l`humanité. Par conséquent les offrandes à ceux qui sont libérés de l`illusion sont de beaux fruits.

22 L`ivraie est la plaie des champs. L`attention portée à soi est la plaie de l`humanité. Par conséquent les offrandes à ceux qui sont libérés de l`attention portée au soi sont de beaux fruits.

Concordance

La porte universelle se manifeste
dans la voix de la marée montante,
obéissant et pratiquant, tu redeviens enfant,
né du coeur d`une fleur de lotus,
frais, pur et heureux,
capable de parler aussi bien que d`écouter,
en harmonie avec la porte universelle. (d)
Avec une seule goutte d`eau,
de compassion,
de la branche d`un saule,
le printemps revient sur la terre déséchée.
-- extrait du sûtra du Lotus

Notes:

(a) La fleur de lotus, `padma`, est en orient, le symbole de l`épanouissement spirituel et du détachement. De même que la feuille flotte sans être souillée à la surface de l`eau, de même le fidèle vit dans le monde sans en être affecté. La vase et l`eau pourraient représenter les passions du monde, l`air au-dessus, pourrait représenter le mental. Le lotus bleu est un attribut d`Avalokitheshvara, le Bouddha aux dix têtes qui incarne la compassion. Le lotus est aussi associé au son `DME`du grand mantra OM MANI PA DME HUM, et ce son `DME` est à son tour associé au monde des Prétas, lequel est le sixième monde du kamaloka ( la grande sphère du désir ).

(b) Dans le mysticisme bouddhiste, Mâra est le maître du sixième monde, celui des Prétas ou fantômes affamés. On le représente souvent avec cent bras et monté sur un éléphant. Concernant l`éléphant, voir le chapitre précédent.

(c) Dans le bouddhisme, on compte six sens: l`ouie, l`odorat, le goût, la vue, le toucher et le mental. Les six sens, qui se répandent à travers les six mondes du kamaloka, cela suggère l`image des trente-six torrents du désir.

(d) L' espression "porte universelle" dans le sûtra du Lotus, fait référence à l' attitude intérieure profonde de l' écoute, tout autant qu` au mouvement fondamental qui donne naissance à la parole, ces deux attributs étant ici compris comme étant une seule et même ouverture dans l`être.

 

Sutras and Shastras

Since there is no difference between the Shakti and the one who embodies her, nor between substance and object, the Shakti is identical to the Self. The energy of the flames is nothing but the fire. All distinction is but a prelude to the path of true knowledge. The one who reaches the Shakti grasps the non-distinction between Shiva and Shakti and enters the door to the divine. As space is ...

Thus have I heard. One morning, when the Buddha was staying near Shravasti in the jeta grove of Anathapindika's estate, He and His company of twelve hundred and fifty monks went into the city to beg for their breakfast; and after they returned and finished their meal, they put away their robes and bowls and washed their feet. Then the Buddha took His seat and the others sat down before Him.

...

There is a teaching (dharma) which can awaken in us the root of faith in the Mahayana, and it should therefore be explained. The explanation is divided into five parts. They are (1) the Reasons for Writing; (2) the Outline; (3) the Interpretation; (4) on Faith and Practice; (5) the Encouragement of Practice and the Benefits Thereof. Someone may ask the reasons why I was led to write this ...

This is what should be done By one who is skilled in goodness, And who knows the path of peace: Let them be able and upright, Straightforward and gentle in speech. Humble and not conceited, Contented and easily satisfied. Unburdened with duties and frugal in their ways. Peaceful and calm, and wise and skilful, Not proud and demanding in nature.

The Buddha's Teaching on Loving-kindness
...
Thus have I heard. At one time the Blessed One together with many of the highest Bodhisattvas and a great company of Bhikshus was staying at Rajagaha on Mt. Gridhrakuta. The Blessed One was sitting apart absorbed in Samadhi Prajna-paramita. The Venerable Sariputra, influenced by the Blessed One absorbed in Samadhi, spoke thus to the Noble Bodhisattva Avalokitesvara:

...

The Platform Sutra of Hui Neng became a pivotal treatise in the history of Chan, often used as a distinguishing mark of Souther School Chán.  An important resource for anyone interested in the historical devolopment of Chán Buddhism in China. The Master Hui-neng ascended the high seat at the lecture hall of the Ta-fan Temple and expounded the Dharma of the Great Perfection of Wisdom, and ...

By NA
Avalokiteshvara Bodhisattva, when practicing deeply the Prajna Paramita, Perceived that all five skandhas are empty&nbsp And was saved from all suffering and distress. O Shariputra, form does not differ from emptiness; Emptiness does not differ from form. That which is form is emptiness; That which is emptiness form.

The Heart Sutra -- "The Heart of the Perfection of Great Wisdom" Sutra

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By the Buddha

Sayings of the Buddha

Speak not harshly to anyone; those thus spoken to will retort. Vindictive speech begets sorrow, and retaliatory blows may bruise you.
-- Canto X.5

Even though a man be richly attired, if he should live in peace, calm, controlled, assured, leading a holy life, abstaining from inflicting injury upon all creatures, he is truly a brahmana, a recluse, a bhikkhu.
-- Canto X.14

...

I have heard that on one occasion the Blessed One, on a wandering tour among the Kosalans with a large community of monks, arrived at Kesaputta, a town of the Kalamas. The Kalamas of Kesaputta heard it said, "Gotama the contemplative — the son of the Sakyans, having gone forth from the Sakyan clan — has arrived at Kesaputta. And of that Master Gotama this fine reputation has spread: 'He ...

Death & Dying

By Chuan Zhi

When we recognize that the ego doesn't exist in any real sense but only as an artifice of the mind, there's nothing that needs explaining anymore: the notion of reincarnation is seen as nothing more than an intellectual game. The person, like the raindrop, merges into the sea of the Dharmakaya, a sea where individuality, in any mode of conception, is totally obliterated. Does one molecule of ...

By Carl Gustav Jung
Carl Jung was, and continues to be, a tremendous influence on matters of spiritual consciousness in the western hemisphere. He was deeply interested in the psychological and spiritual underpinnings of Zen Buddhism and other eastern religions and for many years collaborated with Zen scholars and priests such as D. T. Suzuki. Between them, an amalgam of psychology and spirituality took shape that ...
By John Donne
Perchance, he for whom this bell tolls may be so ill, as that he knows not it tolls for him; and perchance I may think myself so much better than I am, as that they who are about me, and see my state, may have caused it to toll for me, and I know not that. The church is Catholic, universal, so are all her actions; all that she does belongs to all. When she baptizes a child, that action concerns ...
By Jalai Al-Din
I died from the plant, and reappeared in an animal; I died from the animal and became a man; Wherefore then should I fear? When did I grow less by dying? Next time I shall die from the man, That I may grow the wings of angels. From the angel, too, must I seek advance; All things shall perish save His face Once more shall I wing my way above the angels; I shall become that which entereth not the ...
By Chuan Zhi

My first encounter with a Zen teacher happened when I was in my late twenties. Zen had been an interest of mine for nearly a decade before this chance encounter with a person of Zen. I had never thought seriously about actually DOING Zen, but I liked reading the philosophies that came from Zen literature. Doing Zen was, well, something I thought I would never be able to do: it required detaching ...

By Michael Gellert
“Death,” Jung wrote in 1945 not long after his heart attack, “is the hardest thing from the outside and as long as we are outside of it. But once inside you taste of such completeness and peace and fulfillment that you don’t want to return.”1 Jung was speaking here of his out-of-body, near-death experience, whose gripping effect indeed made it difficult for him to return to the world of ...